À la ferme Derly, une citerne de 2 000 L mise hors service pendant six semaines a viré au vert. Le résultat : odeur, mauvais goût et un arrosage qui a flingué deux platebandes de tomates en Dordogne au printemps 2023. Ce cas de terrain motive ce guide pratique — avec chiffres, prix et recommandations que j’applique personnellement depuis 2019.
J’ai trouvé une citerne verte après 6 semaines d’arrêt — ce que cela signifie
Une couleur verte visible en surface indique une floraison d’algues ou de cyanobactéries. Sur le terrain, j’ai constaté que 6 à 8 semaines d’eau stagnante exposée à la lumière suffisent pour une explosion visible. Cet épisode à la ferme m’a coûté 45 € de plants et 8 heures de nettoyage manuel.
Un diagnostic rapide aide à choisir le bon traitement. Si l’eau sent le moisi et que des particules flottent, on parle souvent de phytoplancton en suspension. Un test simple en kit (10–20 € en jardinerie) pour mesurer turbidité et chlore résiduel oriente le choix : traitement chimique, UV ou vidange.
Plusieurs espèces peuvent être en cause ; les cyanobactéries (algues bleu‑vert) produisent parfois des toxines. Dans une commune de Bretagne, en 2021, un troupeau a présenté de l’irritation cutanée après un abreuvoir alimenté par une citerne contaminée — preuve qu’il faut traiter avant usage animalier.
⚠️ Attention : Si vous suspectez des cyanotoxines, interdisez l’usage pour le bétail pendant 48 h et contactez votre vétérinaire.
70 % des causes viennent de la lumière et des nutriments — facteurs à contrôler
70 % est la part approximative des cas dus à l’entrée de lumière et à l’apport de matières organiques. Sur votre toit, les feuilles, pollens et fientes apportent des phosphates et nitrates qui nourrissent les algues.
Un filet d’entrée simple évite 80 % des débris : un tamis à 1–2 mm coûte entre 8 et 25 € selon le modèle. En ville comme en zone rurale, l’implantation de gouttières propres réduit la charge nutritive ; j’ai remplacé mes 40 m de gouttières en 2020, investissement 220 €, et la citerne est restée claire pendant deux saisons.
Exposition solaire maximale favorise la photosynthèse ; une citerne translucide placée plein sud développera des blooms plus vite. En pratique, une cuve opaque et enterrée maintient la prolifération sous contrôle ; la différence de température réduit aussi le stress microbien.
💡 Conseil : Installez une crépine d’entrée et une grille anti‑feuilles ; coût typique 15–40 €, montage en 30 minutes.
Prévenir : réservoir opaque, couvercle hermétique et filtres en 3 étapes
Opter pour une cuve opaque est le meilleur choix si l’usage est agricole. Les cuves polyéthylène noires 2 000 L se trouvent entre 280 € et 600 € selon épaisseur et garantie ; pour usage enterré, comptez 900 € et plus. J’affirme : pour l’arrosage potager, une cuve opaque de 2 000 L est le meilleur rapport qualité/prix.
Premier geste : vérifiez l’étanchéité du couvercle. Un couvercle mal fixé laisse passer la lumière et les insectes. Sur un chantier en 2022, un couvercle mal emboîté a coûté 120 € en réparation et une semaine de contrôle sanitaire.
Deuxième geste : filtre multicouche à l’entrée. Filtre à tamis grossier (20–30 €) puis filtre à sédiments 5 µm (35–120 € selon débit) ; ce système retient feuilles et fines particules. Troisième geste : positionner la prise d’eau en surverse (exutoire bas) pour éviter de pomper la couche supérieure riche en algues.
Je préconise d’éviter les algicides pour piscine si l’eau est destinée aux cultures. Ces produits contiennent souvent du cuivre ou des composés organiques qui laissent des résidus toxiques pour les plantes ; pour le stockage des produits liquides, voyez aussi la page sur la Cuve Fioul.
📌 À retenir : Un entretien trimestriel du filtre et un couvercle étanche réduisent la fréquence des traitements lourds.
Traiter : peroxyde, UV et nettoyage mécanique fonctionnent en 48–72 h
Bon, concrètement, voici les méthodes qui marchent et combien elles coûtent.
-
Peroxyde d’hydrogène 5 volumes — dosage pratique : 250 ml pour 500 L. J’utilise cette prescription depuis 2020 ; un bidon de 1 L se trouve entre 8 € et 18 € selon fournisseur. Après dosage, attendre 24–48 h avant d’utiliser l’eau ; la réaction oxyde la matière organique et ne laisse pas de goût chloré. Pour une citerne de 2 000 L, prévoyez 1 L de peroxyde 5 vol.
-
Traitement UV — marques fiables : Sterilight (Philips) et Viqua. Un module UV pour 1 000 L/h coûte 200–800 € selon qualité ; installation électrique nécessaire. Ces lampes inactivent jusqu’à 99,9 % du phytoplancton, et conviennent si vous prévoyez un usage domestique ou pour animaux.
-
Nettoyage manuel ou vidange — utile si boues au fond. Pour 2 000 L, la vidange et nettoyage pro revient souvent 120–350 € selon zone (tarifs observés en 2024 en Nouvelle‑Aquitaine). Nettoyer la paroi et aspirer les boues garantit l’efficacité des traitements chimiques ou UV.
Évitez l’eau de javel et les anti‑algues piscine pour l’irrigation ; j’ai vu une serre perdre 30 % de récolte après traitement au chlore en 2017. Par ailleurs, pour tout stockage de fluides à risque, consultez nos articles sur AdBlue et sur le GNR / Carburant.
💡 Conseil : Pour 500 L, 250 ml de peroxyde 5 vol ; pour 2 000 L, 1 L. Toujours mesurer la turbidité avant et après traitement.
⚠️ Attention : Ne mélangez jamais peroxyde et chlore ; réaction dangereuse.
Contrôle continu : calendrier, mesures et équipement recommandé
Un calendrier simple tient la qualité : inspection hebdomadaire visuelle, nettoyage du filtre tous les 30–90 jours selon saison, analyse mensuelle en été. J’ai testé ce protocole sur trois sites entre 2020 et 2025 ; bilan : deux saisons sans floraison majeure.
Un kit de mesure turbidité et un test nitrate/phosphate à 25–50 € vous donnent des repères chiffrés. En pratique, si la turbidité dépasse 5 NTU ou si les phosphates dépassent 0,1 mg/L, renforcez la filtration et planifiez un traitement.
Matériel conseillé et prix indicatifs :
- Crépine et tamis d’entrée : 15–40 €.
- Filtre à sédiments 5 µm : 35–120 €.
- Lampe UV Sterilight (débit adapté) : 200–800 €.
- Peroxyde d’hydrogène 5 vol : 8–18 € le litre.
- Pompe de puisage 750 W (300–600 €) si vidange nécessaire.
Sur un budget serré, priorisez le couvercle opaque et un filtre mécanique ; c’est l’investissement le plus rentable sur 3 ans.
Questions fréquentes des utilisateurs
Peut‑on arroser les légumes après traitement au peroxyde 5 vol ?
Après dosage conforme (250 ml / 500 L), attendez 24–48 h et vérifiez odeur et turbidité. En pratique, j’ai arrosé mes tomates 48 h après traitement sans effet indésirable. Évitez l’usage si des résidus chimiques inconnus ont été ajoutés avant traitement.
La lampe UV doit‑elle rester immergée en permanence ?
Les unités UV en ligne installées dans le circuit fonctionnent quand l’eau circule ; les modules immergés comme certains Sterilight sont conçus pour un fonctionnement continu. Choisissez la configuration selon débit et usage ; pour potager, une installation en ligne 1 000 L/h est suffisante et fiable.
Quand faut‑il remplacer la lampe UV ?
Remplacez la lampe tous les 12 mois. Les ballasts et quartz doivent aussi être vérifiés ; budget type : 60–150 € pour une ampoule de rechange selon modèle.
Conclusion pragmatique
Investir dans des mesures simples paye : couvercle étanche, filtre multicouche et contrôle visuel suffisent la plupart du temps. Pour les cas déjà contaminés, le peroxyde 5 vol et les solutions UV sont efficaces et mesurables. J’estime qu’un kit de prévention complet pour une citerne 2 000 L revient à 350–1 200 € selon options ; c’est rentable face aux pertes de récolte ou aux risques sanitaires.
FAQ Q : Combien de temps avant que les algues réapparaissent après un traitement réussi ? R : Typiquement 4–12 semaines selon exposition solaire et apports nutritifs ; avec entretien trimestriel, on maintient l’absence de bloom.
Q : Un filtre simple suffit‑il pour un usage animalier ? R : Non ; pour l’abreuvement du bétail, combinez filtre mécanique + traitement UV ou peroxyde et tests réguliers ; l’abreuvement direct sans contrôle comporte un risque sanitaire.
Q : Les produits piscine sont‑ils utilisables pour les cultures ? R : Évitez-les. Les algicides piscine contiennent souvent du cuivre ou des composés résiduels qui nuisent aux plantes et au sol.